“D-Day” de Robert Capa
Par Rom1desbois • 2 oct, 2009 • Catégorie: PhotographesSuite au succès des « Photos du XXème siècle » que j’ai présentées cet été, je continuerai deux fois par mois à vous faire partager ma passion pour la photographie historique. Plus uniquement limité au XXème siècle, je vous présenterai des photos et leurs photographes qui ont marqué les esprits depuis l’invention de cet outil que nous adorons tous. Je garderai le même schéma, à savoir quatre parties distinctes : une présentation du photographe, un retour sur le contexte et/ou la réalisation de la photo, la photo en elle-même et une libre expression sur ce que m’a fait ressentir la photo. Amateurs de photographie et d’Histoire, bonne lecture !
- Le photographe
Robert Capa, de son vrai nom Endre Ernö Friedmann, est né le 22 octobre 1913 à Budapest, en Hongrie. Forcé de quitter son pays à l’âge de 17 ans, à cause du régime autoritaire hongrois de l’époque, il s’installe à Berlin et entreprend des études de sciences politiques. Parallèlement, il travaille comme apprenti développeur dans l’agence de photos berlinoise, Dephot. Ce job lui permet de connaître l’exemple de grands reporters allemands et de réaliser son premier reportage, sur Léon Trotsky. Il émigre à Paris en 1931 où il fait la rencontre d’Henri Cartier-Bresson, de David Seymour et de Gerda Tarö. Il adopte alors le nom de Robert Capa. En 1936, il couvre la guerre d’Espagne, où il met en avant son propre style, émotionnel et caractérisé pas des gros plans ou des vues rapprochées. Ces photos sont publiées dans Vu, Regards ou encore le magazine américain Life. Il devient peu à peu le photographe des grands conflits historiques immortalisant l’événement avec toute sa portée héroïque, sociale et psychologique. Il couvrira notamment l’invasion japonaise de la Chine et les événements de la Seconde Guerre Mondiale.
En 1939, il fonde avec ses amis H. Cartier-Bresson et D. Seymour, l’agence Magnum. Il en deviendra président en 1954.
Le style Capa reflète son envie d’être au plus près de l’action, de prendre l’instant où l’Homme fait face au danger, et parfois à la mort. Il refuse tout effet de technique pour affirmer la force de l’image en tant que document historique.
C’est sur le terrain que Robert Capa décède tragiquement, en 1954, alors qu’il couvrait le conflit en Indochine.
- Le pourquoi du comment
6 juin 1944. Certaines dates ont-elles encore besoin d’être rappelées ? En cette matinée de juin 1944, l’opération « Overlord » est lancée. « Overlord », c’est le nom donné à la plus grande opération militaire de tous les temps, mobilisant près de 600 000 hommes, essentiellement américains et britanniques.
Les alliées débarquent en Normandie pour libérer l’Europe de la moustache ringarde et nazie d’Hitler. Ce dernier s’attend à un débarquement mais ignore la date et le lieu. C’est le « D-Day » (le Jour J), et le Début de la fin pour les nazis.
- La Photo

©Robert Capa
- Les mots qui en ressortent
Au nom du droit à l’information. Au nom du droit à l’information, un photographe est allé jusqu’en Enfer pour nous raconter ce qu’il s’y passait. Blotti, compressé, entouré de ses collègues soldats, dans ce navire de guerre, Robert Capa ne charge pas son fusil, ne vérifie pas ses grenades, il règle son appareil photo. Cette boîte à images qui, dans quelques minutes, immortalisera l’un des moments les plus pénibles et tragiques de l’Histoire.
Cette photo, floue, granuleuse, dure, nous montre le courage d’un soldat (Edward Regan), l’empressement d’un objectif à atteindre. Pas le temps de gamberger. C’est un chaos. Un paysage lunaire. On ne voit pas de peur dans les yeux de ce marine ,
Juste une mission à accomplir,
Juste une bravoure et une générosité,
Juste une concentration pour éviter les tirs,
Juste un honneur et tant de vies à sauver,
Hommage.
- Photo de Robert Capa recueillie sur ce site.
- Pour visionner des vidéos sur Robert Capa, suivez ce lien.
N’hésitez pas à donner votre avis et votre ressenti sur cette photo. Si vous avez des suggestions de photos, je suis à votre écoute en Message Privé !
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Pour la petite histoire :
John Morris, directeur photo pour Life Magazine à Londres, envoie son équipe de 6 photographes dans la plus gigantesque armada de l’histoire. Parmi eux, Robert Capa choisit de partir avec la première vague d’assaut vers Omaha Beach. Pendant plus de 6 heures, sous les bombes et entre les balles, il photographie la guerre au plus près. Aux côtés des soldats, il prend 119 photos (ou 106 selon les sources).
Le bouclage de Life ne peut se faire sans les photos du débarquement. Dans la fébrilité générale, les films de Capa arrivent in extremis à Londres et sont malencontreusement détruits suite à un accident de laboratoire : un laborantin de Life, pressé par le temps ferme dans sa hâte la porte de l’appareil de séchage. L’émulsion des pellicules fond.
Aujourd’hui, seules 11 images, assez floues, nous sont parvenues. C’est cette erreur qui leur donne cet aspect flou.
« slightly out of focus » : c’est par ces termes que le Life Magazine légenda les photographies prises par Robert Capa sur les plages de Normandie, justifiant le flou par le fait que Capa tremblait de peur quand il prit les photos. Bien qu’il n’en fut pas à couvrir sa première guerre, Capa a lui-même dit qu’il avait ressenti une peur totalement nouvelle mais il a toujours nié que les photos étaient floues à l’origine.
Darkroom tu as été plus rapide que moi, si sa intéresse on avait fait un art ya quelques temps sur le même sujet
: Slightly out of focus Robert Capa ==> http://reportagesphotos.fr/A269-grand-photographe-slightly-out-of-focus-robert-capa.html
Oui shog, j’avais acheté le livre de Capa, “slighty out of focus”, après avoiir découvert votre article ! héhéhé
Merci Rom1, Dark, Shog et Robert !!
Génial ! Merci à Rom1, je suis fan de tes articles… merci aux suivants qui apportent celtte précision géniale !
P**** comment il a fait le mec pour prendre des photos qui ne seraient normalement même pas floues dans des conditions pareilles ! Respect et chapeau bas….
ah, sympa si tu l’avais déjà lu ;);)