“La jeune fille à la fleur” de Marc Riboud
Chaque semaine, je vous propose de vous faire (re)découvrir une photographie qui a marqué le XXème siècle. Véritables icônes ou témoignages poignants, ces photos ont été vues et revues. Elles ne sont généralement pas innocentes dans la célébrité de leur auteur. Divisé en quatre parties, mon article suivra toujours la même ligne de conduite : une présentation du photographe, un retour sur le contexte de la photo, la photo en elle-même et une libre expression sur ce que m’a fait ressentir la photo. Amateurs de photographie et d’Histoire, bonne lecture !
- Le photographe
Marc Riboud est né à Lyon le 24 juin 1923. Dès l’âge de 14 ans, il reçoit des mains de son père un petit Vest-Pocket qui fera rapidement de lui un photographe passionné. Il couvre déjà des événements majeurs comme l’exposition universelle à Paris. En 1944-45, il entre dans la résistance dans le Vercors. Après la guerre, il entre à l’Ecole d’Ingénieur puis travail pendant trois années. Il profite des premiers congés payés, en 1936 pour photographier le Festival de Lyon. Peu désireux de retourner travailler, il décide alors de dédier sa vie à sa passion. Grâce à ses voyages et ses rencontres (Henri-Cartier Bresson et Robert Capa, entre autres), il devient, à 36 ans, vice-président de Magnum pour l’Europe. De cette période jusqu’à aujourd’hui, il n’aura de cesse de voyager et de couvrir des événements politiques et sociaux. Son œuvre se caractérise par la recherche du détail qui fera l’événement dans la photo. On sent à travers ses productions en noir et blanc tout son amour et sa curiosité pour les êtres et sa stupéfaction face au monde
- Que se passait-il ?
21 octobre 1967, les Etats-Unis sont embourbés dans les marécages vietnamiens. Ce jour-là , à Washington, devant le Pentagone, les pacifistes veulent se faire entendre. Une jeune fille, Jane Rose Kasmir s’approche de la garde. Face aux baïonnettes, elle ne tremble pas. Marc Riboud est là . Il capture l’un des clichés symboles du pacifisme anti-guerre du Viet Nam.
- La Photo

© Marc Riboud – Magnum
- Les mots qui en ressortent
Une fleur contre des armes. Que peut cette petite fleur contre cette horde de baïonnettes ? Physiquement, rien. Symboliquement, tellement. Face à face terrible dévoilé par cette photo où l’inégalité effraie. Les mains porteuses d’espoir et de paix, cette pacifiste défie les soldats d’un sourire pour cacher les larmes des victimes qui reposent sur elle. Larmes face à l’arme. C’est l’alarme d’une manifestation contre la guerre. Encore la guerre…Toujours la guerre.
Pour en savoir plus sur cette photo, retrouvez là sur ce blog : http://lesensdesimages.blogvie.com/2008/10/29/faites-lamour-pas-la-guerre
Pour un regard de Marc Riboud sur son travail, je vous invite à visionner cette vidéo : http://www.dailymotion.com/video/x8pu1t_marc-riboud-parle-de-ses-photos-a-l_creation
N’hésitez pas à dire également ce que cette photo provoque chez vous, les anecdotes sont toujours les bienvenues !
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