Le sténopé, ou l’art de la photo maison - Introduction

Par Malcolm • 14 sept, 2009 • Catégorie: Stenopé

Je vais donc traiter ici d’un sujet non pas que je maitrise mais que j’apprécie beaucoup. A vous d’approfondir ou de me demander d’approfondir si vous le souhaitez.

J’entamerai donc une petit série d’articles traitant chacun d’un aspect ou d’une technique en rapport avec le sténopé.

  • « Qu’est ce que le sténopé ? »

Peu de gens en entendent parler. Encore moins le pratiquent. Pour ne pas m’embrouiller dans un discours compliqué où je me perdrais, voici la définition de wikipédia « Le sténopé est un dispositif optique simplissime permettant d’obtenir un appareil photographique dérivé de la camera obscura. Il s’agit d’un simple trou, de très faible diamètre. Par extension on appelle ainsi l’appareil photographique utilisant un tel dispositif. »

  • Le principe

Il s’agit exactement du même que celui d’un appareil photo dit « classique » que vous trouvez dans le commerce. Une boîte vous sert de boitier et elle comporte un trou d’un diamètre très faible qui servira quant à lui de diaphragme par lequel la lumière entrera pour venir s’imprimer sur une surface photosensible.

principe

Si l’on tient bien compte de la luminosité ambiante, de l’ouverture et du temps d’exposition alors la photo sera parfaite

Pratiquer le sténopé ( et c’est abus de langage le sténopé n’étant que l’objet en lui-même) consiste donc tout simplement à fabriquer soit même son appareil photo, certes il s’agira d’un appareil rudimentaire mais il s’agira tout de même d’un appareil photo construit par vos soins.

Mais comment construire cet appareil photo me demanderont certains ? Et bien le matériel dont il faut disposer se trouve assez facilement, vous devrez vous munir de :

  • une boîte type boîte de thé en métal, peu importe la taille, en avoir plusieurs peut même être intéressant pour avoir plusieurs rendus de photos
  • de la peinture noire (avec le pinceau qui convient bien sûr)
  • une aiguille de diamètre connu (la plus fine possible, si vous connaissez le diamètre de la pointe, c’est parfait)
  • une lime fine ou du papier de verre à grain fin
  • du scotch épais et matte de type gaffer
  • une paire de ciseaux ou un cutter
  • La fabrication :

1 : Commencez par prendre votre boîte de thé (ou de biscuit ou autre mais forcement en métal), ouvrez-la, jusqu’ici rien de bien compliqué, et peignez l’intérieur de la boîte avec la peinture noire. Il est recommandé d’utiliser une peinture matte qui évitera tous les reflets lorsque la lumière entrera dans la boîte au moment de la prise de vue et qui pourraient salir votre image.

2 : La deuxième étape va consister à faire l’entrée de lumière, le diaphragme si vous préférez. Prenez donc votre lime fine ou vitre papier de verre à grain fin et « usez » votre boîte sur une petite surface (1 cm² carré suffit mais si il y a plus ça n’est pas grave). L’intérêt de cette étape est de diminuer l’épaisseur de la boîte pour faciliter la perforation. Surtout, armez-vous de patience, ne vous excitez pas, il ne faudrait pas abimer la boite ou la casser en appuyant trop fort lorsque l’épaisseur sera minime. Une fois cette étape effectuée, servez-vous de l’aiguille pour percer la boîte, surtout, allez y doucement, il ne faudrait pas agrandir le trou.

3 : Le trou est fait ? Oui ? Et bien ça n’est pas encore fini pour le trou, non, non, non ! Et effet, comme à chaque fois que l’on fait un trou dans du métal, il est fort probable qu’il y ai des imperfections qui se soit créées à l’intérieur de la boîte et qui pourraient gêner la diffusion de la lumière lors de la prise de vue (voir schéma en dessous). Reprenez donc votre lime ou papier de verre en main et faites disparaître délicatement ces imperfections métalliques sans abimer de trop la peinture.

imperfection

Vous êtes arrivés jusqu’ici sans encombres ? Bien joué ! Il s’agissait là de la partie la plus délicate, c’est presque finit.

4 : Armez-vous cette fois de ciseaux ou d’un cutter et du gaffer et découpez un petit carré d’environ 1 cm x 1 cm, il servira d’obturateur car comme pour tout autre appareil photo, il ne faut ouvrir et laisser entrer la lumière que lors de la prise de vue. Maintenant toujours avec le gaffer, vous découpez une bande d’environ 2 à 3 cm de largeur qui servira à fermer hermétiquement le couvercle afin de s’assurer qu’aucune lumière étrangère ne vienne gâcher la photo.

Voilà, ça y est, vous avez un superbe appareil photo fait maison

Vous voulez prendre une photo avec ? Alors rendez-vous donc sur le prochain article qui traitera de la prise de vue et du développement.

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12 Réponses »

  1. génial !

  2. Bon article. Thème jamais aborde sur bokeh. Vivement la suite !

  3. génial !! j’ai trouvé une activité pour les longs dimanches d’automne !! ;-) Merci Malcolm pour ce super article, vivement la suite !

  4. j’espère qu’on aura aussi une aide pour trouver du papier photo sensible

  5. Merci beaucoup, normalement en 1ier année photo on va aussi tester ca :D

  6. La mère de ma copine m’en a offert un pour mon anniversaire, mais je ne l’ai pas encore utilisé. Il est livré avec le papier ansi que les produits de développement. Jetez un coup d’oeil sur le site, c’est de là qu’il provient.

    http://www.stenoflex.com/

  7. “Maintenant toujours avec le gaffer, vous découpez une bande d’environ 2 à 3 cm de largeur qui servira à fermer hermétiquement le couvercle afin de s’assurer qu’aucune lumière étrangère ne vienne gâcher la photo.”

    La surface sensible est à mettre en chambre noire ou lum inactinique avant de fermer hermétiquement le couvercle je suppose…

  8. Ca me fait bien plaisir que ça vous plaise.
    Pour te répondre Aliece, il faut en effet mettre la surface photosensible en chambre noire ou lumière inactinique. Je ne l’ai pas précisé tout simplement car je parlais juste de mettre le gaffer en place et je comptais le dire dans prise de vue mais bon, apparemment j’aurai du le faire avant ;)

    Je tiens par contre à m’excuser, j’avais prévu de rédiger au moins un autre article là dessus durant le w-e mais depuis jeudi je n’ai passé que 4-5 heures chez moi et je n’en ai pas eu le temps donc promis je fais ça rapidement dés que j’ai le temps

  9. Bon article, on aurait aimé voir les photos du résultat.

    Sinon, il existe une méthode simple pour sténoper sur un reflex: faire un trou dans le cache du boitier, celui qui se visse sur la baillonnette et est opaque.

  10. @ Totographe : Je sais que ça aurait été sympa mais ne pratiquant pas (je n’ai eu qu’une initiation), je n’ai pas de photos faites de cette manière.
    Mais je penserai à en trouver pour l’article suivant, promis

  11. souvenirs,souvenirs….gamin, j’ai essayé avec une boite en carton…mon père m’expliquait le principe de la photo à l’envers…
    en suite, la magie du développement …la lumière rouge au mur, et les different bains
    Je vais peut être y retourner …histoire de voir

  12. Bel article et j’attends de lire la suite.

    Juste une précision : perforer du métal est, comme tu l’as souligné, très délicat. La parade consiste à perforer la boite avec une perceuse. Pour avoir le fameux petit trou, il suffit de le réaliser dans un matériau plus souple et de l’apposer sur la boite avec du gaffer. L’autre intérét c’est de pouvoir appliquer diverses ouvertures sur un seul et même boitier.

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