La sensibilité ISO en photographie

Par • 25 mar, 2009 • Catégorie: Tutoriaux

En photographie, il existe un paramètre appelé ISO qui permet de rendre le capteur plus ou moins sensible à la lumière. Je ne vais pas vous refaire tout l’historique de cette appellation, mais je vais m’appliquer à vous parler de son utilité. Vous pourrez par ailleurs trouver les explications techniques sur Wikipédia.

De manière générale, la sensibilité se mesure sur une échelle allant de 100 à 3200. Il existe certains appareils photos qui propose de pousser la sensibilité aux extrêmes de son échelle (50 à 25 600).

  • Plus le chiffre est petit, plus le capteur sera insensible à la lumière.
  • A l’inverse, plus le chiffre est grand, plus le capteur sera sensible à la lumière.

Plus concrètement, à ouverture de diaphragme constant et vitesse constante, plus vous allez augmenter les ISO, plus vous allez faire rentrer de la lumière dans votre boitier, et donc sur votre capteur.

A l’utilisation, cela se traduit par le fait que vous allez augmentez les ISO si vous avez besoin de lumière. Vous pourrez de manière très générale vous repérer à ce mini tableau de correspondance :

  • 100 ISO : sensibilité à utiliser en plein jour, au soleil;
  • 200 ISO : sensibilité à utiliser sous un ciel couvert, nuageux;
  • 400 ISO : sensibilité à utiliser en intérieur;
  • 800 ISO : sensibilité à utiliser dans un peu lumineux;
  • 1600 ISO : sensibilité à utiliser la nuit

Ce petit tableau n’est là qu’à titre indicatif. En effet, on peut très bien utiliser une sensibilité de 100 ISO en pleine nuit, et à condition d’utiliser un trépied pour faire une exposition longue.

La sensibilité vient seconder votre couple ouverture / vitesse. Le but étant de faire entrer la lumière de manière suffisante pour prendre une photo bien exposée. Je vous conseille de revenir sur l’article comprendre le principe d’un appareil photo afin de bien comprendre ce couple ouverture / vitesse

Pour illustrer mes propos j’ai pris quelques photos à différentes sensibilités ISO pour une ouverture de diaphragme et une vitesse constante : 35mm – 1/30s – f/2.8/ Photos prises au 5D en raw puis export jpg 72 DPI sans aucun traitement.

A 100 ISO, pour une photo prise en intérieur, on remarque que la photo est sous exposée. C’est sombre. Pour palier à cela, je vais procéder à une montée en ISO

img_3561

A 200 ISO, c’est mieux, mais pas encore suffisament bien exposé.

img_3562

A 400 ISO, c’est mieux, mais pas encore suffisamment bien exposé.

img_3563

A 800 ISO, je suis à ma vitesse limite théorique (VLT)

img_3564

A 1600 ISO, la photo est sur-exposée

img_3565

La montée en ISO n’a pas que l’avantage de gagner de la lumière. Elle a un inconvénient majeur : plus vous montez en ISO, et plus votre image comportera ce qu’on appelle du bruit numérique.

Ce bruit sera d’autant visible que votre capteur sera petit. Si vous possédez un compact, vous aurez plus de bruit qu’un reflex numérique à sensibilité équivalente. Les derniers reflex professionnels peuvent monter en ISO jusqu’à 3200 voir 6400 ISO sans trop afficher ce problème de bruit.

Il existe néanmoins des solutions pour réduire le bruit numérique. Des logiciels existent et vous permettent de supprimer plus ou moins bien ce problème (Lightroom, Noise Ninja, …)

La sensibilité (les ISO) est un point important en photographie, et vient seconder le couple ouverture / diaphragme. Le comprendre vous permettra de mieux régler vos prises de vue, et régir face à la luminosité ambiante.

Personnellement, je fais beaucoup de portrait. J’utilise la montée en ISO pour régler ma vitesse limite théorique (VLT). Si je shoote en mode manuel, je choisi en premier ma vitesse d’ouverture. Si j’ai un objectif de 135mm, je vais régler ma vitesse à 1/125 ou à 1/160 pour être certain de ne pas faire de flou de bougé. Puis je régle mon ouverture en fonction de la profondeur de champs que je souhaite avoir. Enfin, je règle ma montée en ISO afin que la cellule soit exposée au mieux dans mon viseur : ni sous exposé, ni sur exposé.

Marqué comme: , , , , , , , ,


Articles similaires


  • http://wayx.fr wayx

    Bien vu cette approche à vitesse/ouverture constante.

    Concernant le dernier paragraphe, je trouve dommage qu’il n’y a pas la même implémentation du ISO Auto sur les boitiers Canon
    que l’on trouve sur les Nikon (Ça changé sur le 50D et le 5DMarkII ?)

    On peut fixer l’ISO max que le souhaite et la vitesse minimum.
    Le boitier augmente alors automatiquement la sensibilité pour de ne pas descendre sous la vitesse fixée.

    Je l’utilise pas mal avec mon 50/1.8.

    Bon je te ferai quelques exemples à 6400 ISO prochainement, et je te ferai un article qui va avec le reste…
    Je vend le D200 demain……;-)

  • http://www.bokeh.fr bokeh

    Sur Canon, on a pas cette gestion des iso. C’est fort dommage d’ailleurs.
    Tu passes au D700 alors :-))

  • http://wayx.fr wayx

    Oui, j’aurai pas du le tester…:-D
    Ça été le même cas avec le D200 d’ailleurs ! :-D

  • http://ksh.be/blog Faucher Romain

    Tu va t’éclater avec le D700 :D

  • http://wayx.fr wayx

    @Romain: C’est clair :-D ! T’as l’air aussi de bien t’éclater avec le D3 ;-) !

  • http://www.bouriol.info bouriol

    Pour répondre à wayx, la montée auto en iso est présente chez Canon sur le 50D et le 5D Mark II et sur le tout nouveau 500D.

  • http://www.bokeh.fr bokeh

    Et comment est ce que ça se gère ?

  • http://picasaweb.google.com/ldjinbayern Daffy76

    Salut !
    Si je peux me permettre, je ne suis pas d’accord avec l’affirmation « plus vous allez augmenter les ISO, plus vous allez faire rentrer de la lumière dans votre boitier, et donc sur votre capteur ». La quantité de lumière atteignant le capteur/la pellicule est la même, mais disons que « l’information » captée est amplifiée, et par là-même les « erreurs de perception », ce qui amène a des pixels aberrants : c’est le bruit. J’espère être assez clair, c’est la façon dont je vois les choses pour « parler avec les mains » !

  • http://www.bokeh.fr bokeh

    Oui tu as raison Daffy. J’ai juste extrapolé la définition afin de ne pas trop rentré dans la technique. Mais ton explication est bonne et elle apporte une information sur la formation du bruit.

  • http://www.nicolas-beaumont.fr nikobo

    Si je puis me permettre une précision de la vieille école; les ISO représentent à l’origine la sensibilité d’un film et également de part la nature chimique de la construction d’une émulsion photosensible; le grain d’un film. Les films sont caractérisés par une sensibilité nominale mais il est possible de travailler à différentes sensibilités en modifiant soit la vitesse du film sur la cellule de l’appareil photo soit sur la cellule manuelle ou sur le spotmètre. Cette notion de sensibilité nominale existe aussi sur les capteurs numériques. Elle se situe aux alentour de 80 / 120 ISO; c’est ce qui explique l’apparition du bruit numérique lorsqu’on pousse les ISO.

  • http://www.bokeh.fr bokeh

    Merci pour cette précision que je ne connaissais pas ;-)

  • maurral

    Bonjour,

    je trouve l’article très bien mais il y a juste un truc que je n’ai pas compris…
    Je cite « A 800 ISO, je suis à ma vitesse limite théorique (VLT) ». Mais si on regarde l’explication de la VLT, cela n’a a priori aucun rapport avec les ISO, non?

  • http://www.nicolas-beaumont.fr Nicolas Beaumont

    Il y a un rapport entre la VLT et la sensibilité; en ce sens que plus tu montes en ISO moins tu atteints rapidement la VLT.

    Voici une démonstration par l’exemple.

    Il fait nuageux, je monte un 200 mm, je me mets à f5.6, je suis à IS0 100; la bonne vitesse est 1/60e donc j’ai atteint ma VLT.
    Si je passe à ISO 400 je vais être à 1/125 -env- et donc plus près de ma VLT.

    Donc si la VLT ne change pas, la distance à la VLT change.

    Ca t’éclaire ?

  • maurral

    Merci j’ai compris !
    Mais comment tu calcules le rapport ISO/Vitesse ici?
    Si ISO 400 vaut 4x(ISO 100), la vitesse devrait être 1/(4×60) non?

  • http://www.nicolas-beaumont.fr Nicolas Beaumont

    Oui oui, je n’ai pas pris le temps de faire une multiplication proprement !!

  • Clai

    Juste une question…
    Je travaille sur le côté scientifique de la photo… et j’aimerai savoir si la réaction des ions à la lumière (sur la pellicule) est chimique ou physique. ?

  • Stephane

    Aucune idée. A priori je dirai physique …